lundi 3 mai 2010

Pays de la Téranga

Téranga signifie "bienvenue" en wolof,  la langue maternelle de 36% de la population mais véhiculée par quasi 90% des Sénégalais qui le parlent et le comprennent. 
 
Juste avant le français, le wolof est donc la langue la plus usitée par les différentes ethnies sénégalaises.

Si l'on doit décrire ce pays en un seul mot, c'est donc par sa "téranga", son hospitalité. Ici, les salutations sont très importantes. A chaque rencontre, une bonne poignée de mains et au traditionnel «Nangadef ?» (comment ça va ?), vous répondrez « manguifi rek » (je vais bien).

Dès notre arrivée sur le sol sénégalais, ce n'est donc pas l'unique chaleur brûlante qui nous surprend au sortir de l'aéroport de Dakar. Ces sourires affichés sont les premiers signes extérieurs de cette téranga qui nous accompagnera tout au long de notre séjour.

Pourquoi des taux d'inscription si faibles ?

Outre le problème de la mise à disposition des structures, divers facteurs influencent le faible taux d’inscription dans les structures préscolaires mises en place :
  • Face aux problèmes financiers, les parents préfèrent allouer leurs ressources à l’éducation des plus de 6 ans, pensant que les acquisitions les plus importantes se font à partir de cet âge.
  • L’absence de personnel enseignant suffisamment qualifié et motivé.
  • Quand des structures existent, on constate souvent une mauvaise maintenance des infrastructures.
  • Le programme et le matériel didactique et ludique ne sont pas toujours adaptés à la culture. Aussi, l’image renvoyée est celle d’un lieu de fabrique de futurs petits « toubabs » (« blanc » en wolof).
  • Les parents ne sont pas suffisamment conscients de l’importance de l’éveil et de la stimulation précoce des enfants dans leur développement. Ils ont souvent recours à des pratiques alternatives en choisissant de confier leur progéniture à la tante, la grand-mère ou la grande sœur de l’enfant.
  • Du fait de la prégnance de la religion, les parents préfèrent que leurs enfants de 3 à 6 ans reçoivent une éducation religieuse et les envoient dans les structures coraniques.

dimanche 2 mai 2010

L'éducation en quelques chiffres ?

Pour faire le point sur la situation de l'éducation au Sénégal, quelques chiffres valent parfois mieux que de longs discours...

>> 91% des enfants de 0 à 6 ans n’ont pas accès aux structures préscolaires qui, pour 52% d'entre elles se trouvent en zone urbaine.

>> Seuls 0,97% du budget de l’éducation a été consacré à la petite enfance en 2009.

>> 88% des garçons et 92% des filles sont inscrits à l’école primaire. Bien que ces taux de scolarisation soient encourageants, seuls 58% d’enfants achèvent le cycle primaire.

>> Au niveau secondaire, seuls 2 enfants sur 5 vont régulièrement à l’école.

>> L’écart entre filles et garçons se creuse également après l’école primaire, le ratio au niveau secondaire étant de 21 filles pour 27 garçons.

>> Moins de la moitié des adultes sénégalais (43%) savent lire (2007).

Petit zoom historique

Au Sénégal, si vous n'habitez pas la ville, vos chances de croiser une structure d'accueil préscolaire sont faibles... C'est bien là tout le problème ! Or si hier, le problème de l'offre était récurrent, aujourd'hui des structures existent mais les moyens manquent...Petit retour en arrière.

La première école maternelle date de 1965. Marquée par le système colonial français, elle offre aux plus petits les bases d'un apprentissage où seule l'accumulation des connaissances comptait.

En 1999, face au problème d'accueil des enfants sénégalais dans des structures préscolaires, Plan, en partenariat avec les autorités, implante dans les zones non urbaines, les premiers "centres d'éveil communautaires". Ancrés dans la culture locale (notamment par un encadrement en wolof jusqu’à 5 ans), les 3-6 ans y accèdent à des connaissances de base, mais sont aussi stimulés et encadrés notamment en matière de santé et de nutrition.


Dès 2001, le gouvernement sénégalais lance le concept de la Case des Tout-Petits (une "école maternelle nouvelle formule") et adopte en 2007 une politique nationale de Développement Intégré de la petite enfance (DIPE), inspirée entre autres par les centres d’éveil communautaires créés par Plan. Il s'agit d'adopter publiquement l'approche holistique proposée par Plan en travaillant de manière indissociable sur la protection, la santé/nutrition et l’éducation des enfants.

L'impulsion politique est donnée. Mais depuis l’instauration de la politique de décentralisation (initiée en 1972 et réformée en 1996), il est de la responsabilité des collectivités locales de contribuer à l’effort de l’Etat en matière d’éducation. Ce sont donc les communautés (qui souffrent de problèmes d'analphabétisme et de ressources humaines et financières faibles) qui arbitrent donc en fonction des secteurs jugés prioritaire : les investissements en faveur de la Petite Enfance sont dès lors faibles. En effet, 91% des 0-6 ans n’ont pas accès aux structures préscolaires.

Certes, le nombre de structures a augmenté...

>> Avant 2000, il n’existait que 225 structures de prise en charge et 35.000 enfants inscrits.

>> Aujourd’hui, le pays dénombre 1.040 structures. Cependant, sur environ 2.500.000 jeunes enfants, seuls 100.000 à 150.000 sont pris en charge dans ces structures.

vendredi 30 avril 2010

Un bon enseignement commence dès la maternelle

Les premières années de la vie sont cruciales pour le développement physique, neurologique, cognitif et socio-affectif des enfants. Ceux qui fréquentent l’école maternelle étant encadrés et stimulés, ils s’épanouissent davantage. S’il est logique que nos petites têtes blondes prennent le chemin de l’école dès leur plus jeune âge, cette réalité est toute autre dans de nombreux pays en développement. Dans le monde, 187 millions d'enfants en âge d'aller à l'école maternelle n'ont pas la chance de développer leur plein potentiel... Or tous les enfants ont des droits !

Plan Belgique fait de l'enseignement maternel dans le Sud une priorité. En collaboration avec ses partenaires sur place et les autorités locales, Plan investit par exemple dans la formation d'instituteurs et fournit du matériel adapté. L'ONG soutient aussi la création de comités de parents car en les impliquant, ils seront convaincus de l'importance du préscolaire et enverront réellement leurs enfants à l'école.

Pour nous immerger dans la réalité du terrain : direction le Sénégal où l'accès à l'éducation reste un défi pour de nombreux enfants.... Je vous emmène à la découverte des projets menés par Plan en faveur du développement de la petite enfance.

Plus d'infos dans les prochains jours !